samedi 18 novembre 2017

Unités de l'énergie


 Unités de l'énergie
À RETENIR
·         Le joule est l'unité de mesure de l'énergie de référence selon le système international d'unités.
·         Dans la pratique, l'énergie est fréquemment mesurée en utilisant d'autres unités que le joule : la tep, le kWh, le BTU, etc.
·         Les confusions dans les unités en matière d'énergie sont courantes. Par exemple, le kW est une unité de puissance tandis que le kWh désigne une quantité d'énergie.
·         La tep (tonne d'équivalent pétrole) permet de mesurer l'énergie calorifique d'une tonne de pétrole « moyen ». Elle est souvent employée dans les bilans énergétiques : ktep (103 tep), Mtep (106 tep).
Sommaire
Définition et catégories
L’unité de mesure de l’énergie légalement en vigueur en France ainsi que dans la quasi-totalité des pays du monde est le joule (J). Celui-ci s’inscrit dans un système global appelé Système international d’unités (SI).
Le joule est défini comme le travail d’une force d’un Newton dont le point d’application se déplace d’un mètre dans la direction de la force. Il représente une quantité d’énergie perçue comme petite dans l’activité courante d’un être humain, ce qui handicape son usage dans certaines circonstances. Aussi est-il parfois utilisé au travers de ses multiples en milliers : kilojoule (1 kJ soit 10J), mégajoule (1 MJ = 10J), gigajoule (1 GJ = 10J), etc.
Le joule se définit en référence à d’autres unités de masse, de longueur et de temps du Système international, il est une unité dite dérivée (kg.m2.s-2). Dans la pratique, contrairement à la plupart des autres unités du Système international, l’énergie est fréquemment mesurée en utilisant d’autres unités que le joule.
Celles-ci ont généralement un usage adapté à un domaine d’activité et/ou bénéficient d’un long historique d’utilisation : électron-volt (eV), erg (erg), calorie (cal), Calorie (kcal), British Thermal Unit (BTU), kilowatt-heure (kWh), tonne d’équivalent pétrole (tep), etc.
·         électron-volt (eV) : énergie cinétique gagnée par un électron accéléré par une différence de potentiel d’un volt, utilisée principalement dans le monde scientifique des physiciens car elle correspond à l’ordre de grandeur de l’énergie d’un électron au sein d’un atome.
1 eV = 1,602.10
-19 J
·         erg (erg) : unité d’énergie constitutive d’un système différent du Système international, appelé CGS (dont les unités de base sont le centimètre, le gramme et la seconde).
1 erg = 10
-7 J
·         calorie (cal) : unité historique de mesure de l’énergie définie initialement par Nicolas Clément en 1824 comme étant la quantité de chaleur nécessaire pour élever d’un degré Celsius  la température d’un kg d’eau. Cette définition imprécise a été par la suite spécifiée et déflatée d’un coefficient 1 000 en indiquant qu’il s’agissait de la quantité de chaleur nécessaire pour élever un gramme d’eau dégazée de 14,5°C à 15,5°C sous un bar de pression atmosphérique.
1 cal = 4,1855 J
Remarques

Il est parfois fait usage dans le monde de la réfrigération d’une unité « négative » la frigorie (fg) :  1 fg = -1 cal.
La notion de Grande calorie (Cal ou kcal) est utilisée principalement en diététique : 1 Cal = 1 kcal = 10
cal = 4 185,5 J
La thermie (th) est une unité ancienne d’énergie : 1 th = 10
6 cal = 4 185,5.103 J
·         British Thermal Unit (Btu ou BTU) : unité d’énergie anglo-saxonne définie comme étant la quantité de chaleur nécessaire pour élever d’un degré Fahrenheit une livre anglaise d’eau dans une atmosphère d’un bar.
1 BTU = 1 055 J
·         kilowatt-heure (kW.h ou kWh) : Energie consommée par un appareil de 1 000 watts pendant une durée d’une heure. Cette unité est particulièrement utilisée dans les industries électriques. Il est fait usage également du watt-heure (Wh) et des multiples par milliers du kWh que sont le mégawatt-heure (MWh) et le gigawatt-heure (GWh).
1 kWh = 3,6.10
J
Le kWh est défini en référence à une unité de puissance, le watt qui fait partie du Système international d’unités (SI). Il arrive fréquemment qu’il y ait confusion dans le langage courant entre énergie et puissance. Or, la puissance d’une machine est l’énergie qu’elle fournit pendant une unité de temps : un watt est la puissance d’une machine qui fournit un joule toutes les secondes. A l’inverse un Wh est l’énergie fournie en une heure par une machine d’un watt.
·         Tonne de TNT : énergie libérée lors de l’explosion d’une tonne d’un explosif appelé TNT. Sa valeur est susceptible de varier suivant les conditions de l’explosion. Elle a cependant été normalisée. Pratique essentiellement réservé au monde militaire.
1 tonne de TNT = 4,184.10
J
·         Tonne d’équivalent pétrole (tep) : énergie calorifique d’une tonne de pétrole « moyen ». Cette unité est particulièrement utilisée par les économistes de l’énergie qui font fréquemment référence à certains de ses multiples par milliers : ktep (103 tep), Mtep (106 tep).
1 tep = 4,186.10
10 J
·         Dans le même esprit que la tonne d’équivalent pétrole, il est fait parfois référence à une unité d’énergie équivalente à un baril de pétrole. La valeur en est fixée de manière conventionnelle.
1 tep = 7,33 barils de pétrole
·         Avant la référence au pétrole, pour définir une unité énergétique d’un point de vue économique et industriel, il était fait référence à la tonne d’équivalent charbon (tec). Par ailleurs, suivant les circonstances industrielles, sont également utilisées les tonnes d’autres produits énergétiques : essence, fioul lourd, gaz, lignite, etc.
1 tec = 2,930.10
10 J
Acteurs majeurs
Le joule, unité d’énergie, tire son nom d’un physicien anglais James Prescott Joule (1818-1889). Outre la direction d’une fabrique de bières, il se consacra à l’étude des sciences notamment dans les domaines électriques, magnétiques et thermiques. Il formula entre autres la loi régissant les dégagements de chaleur provoqués par le passage d’un courant électrique dans un conducteur.
Unités de mesure et chiffres clés
La mesure des énergies concerne des phénomènes d’ordre de grandeur exceptionnellement différents. D'un électron-volt à une tonne d’équivalent pétrole, il y a ainsi 29 ordres de grandeur de différence. Autrement dit, il faut multiplier l’énergie d’un électron-volt par un nombre ayant 30 chiffres avant la virgule pour obtenir un ordre de grandeur équivalent à celui d’une tonne d’équivalent pétrole.
Cette disparité explique l’usage d’unités différentes. Malheureusement, elle crée fréquemment des confusions sur les ordres de grandeur, ce qui est nuisible à la compréhension des phénomènes.
Illustrations de quelques ordres de grandeur
·         Énergie délivrée par un flash d’appareil photo : en dizaines de joules ;
·         Énergie cinétique d’une voiture d’1,5 tonne roulant à 125 km/h : en millions de joules (10J) ;
·         Énergie d’un kilomètre cube d’air se déplaçant à 250 km/h lors d’un ouragan : en milliers de milliards de joules (10J) ;
·         Énergie totale du soleil qui atteint la terre en une seconde : en centaines de millions de milliards de joules (1017 J) ;
·         Énergie consommée dans le monde en une année : en centaines de milliards de milliards de joules (1020 J).
Zone de présence ou d'application
Le Système international d’unités a été adopté officiellement par tous les pays à l’exception des Etats-Unis, du Libéria et de la Birmanie. 
Passé et présent
Le Système international d’unités (SI) est un système décimal exception faite de la mesure du temps. Il compte 7 unités de base : le mètre (m), le kilogramme (kg), la seconde (s), l’ampère (A), le kelvin (K), la mole (mol) et le candela (cd). Des unités en sont dérivées comme le joule pour l’énergie.
Il est né lors d’une conférence générale des poids et mesures en 1960 et a été complété par introduction de la mole en 1971. Il est l’héritier de toute une série de travaux de normalisation initiés en Angleterre en 1668 par la Royal Society. Dans le cheminement aboutissant à sa création, le vote par l’Assemblée nationale française en 1790 d’un texte amenant à la création d’un système de mesure uniforme et métrique a constitué une étape importante.
Le saviez-vous ?
Si l’homme était capable d’utiliser toute l’énergie potentielle de la matière quelle qu’elle soit, telle que définie par Einstein dans sa formule E=mc2, la consommation de 5 tonnes de matière suffirait à alimenter l’ensemble de la population de la Terre en énergie pendant un an, dans les conditions de consommation actuelles.


SOURCE: CONNAISSANCE DES ENERGIES 

lundi 13 novembre 2017

Climat : les émissions de CO2 repartent à la hausse en 2017

parue le 13 novembre 2017

 Charbon   
Près de 40% des émissions mondiales de CO2 liées à l’énergie et à l’industrie en 2016 seraient dues au charbon. (©Robert Castillo-Dreamstime.com)

Les émissions mondiales de CO2 liées à la combustion d’énergie fossile et à l’industrie pourraient augmenter de près de 2% en 2017 selon le Global Carbon Projet. Les données présentées ce matin en marge de  la COP23 à Bonn constituent un nouveau signal inquiétant dans la lutte contre le changement climatique.
Une hausse des émissions en grande partie liée à la Chine
En 2017, les émissions mondiales de CO2 pourraient atteindre 41 milliards de tonnes (Gt), dont environ 36,8 Gt dues à la combustion d’énergie fossile et à l’industrie selon le Global Carbon Projet (GCP). A l’origine du rapport présenté ce matin à Bonn, 76 scientifiques de 57 centres de recherche font état d’une incertitude de plus ou moins 5% pour estimer les émissions de 2017 mais ils s’accordent sur un fait : ces émissions seront en hausse (entre + 0,8% et + 3% par rapport à 2016), après trois années de stabilisation.
Publié chaque année depuis 12 ans, le Global Carbon Budget signale que la hausse des émissions mondiales en 2017 est en grande partie due à la hausse des émissions chinoises. La Chine, dont les émissions avaient baissé en 2015 et 2016, pourrait émettre près de 10,5 Gt CO2 en 2017, soit 3,5%(1) de plus que l’an dernier. Cette évolution est liée à une hausse de la production industrielle et une plus forte consommation d’énergies fossiles (+ 3% de charbon notamment), parallèlement à une baisse de la production hydroélectrique (baisse des précipitations).
Emissions mondiales de CO2
Les émissions mondiales de CO2 vont atteindre un niveau record en 2017. (©Connaissance des Énergies d’après Global Carbon Project)
Aux États-Unis, la baisse des émissions de CO2, qui avoisinait 1,2% par an au cours de la dernière décennie, pourrait se limiter à 0,4% en 2017 en raison d’une hausse de la consommation de charbon. Dans l’Union européenne, les émissions pourraient également diminuer de seulement 0,2% en 2017 selon le Global Carbon Projet, contre une baisse de 2,2% par an en moyenne lors des dix dernières années.
Avec des émissions estimées en hausse de 2% en 2017, l’Inde fait finalement figure de « bonne surprise » puisqu’il s’agit d’un important recul par rapport à la tendance de la dernière décennie (+ 6% par an). Parmi les autres faibles signaux positifs, le Global Carbon Project constate que 22 pays ont diminué leurs émissions de CO2 au cours de la dernière décennie alors que leurs PIB augmentaient.
Pour rappel, la Chine, les États-Unis et l’Inde ont compté pour la moitié des émissions mondiales de CO2 en 2016 (comptant respectivement pour 28%, 15% et 7% de ces émissions). Rapportées à la population, les émissions de CO2 sont plus de deux fois plus importantes aux États-Unis qu’en Chine ou dans l’Union européenne.
La cible des 2°C s’éloigne…
Près de 40% des émissions mondiales de CO2 liées à l’énergie et à l’industrie en 2016 sont imputées par le Global Carbon Project à la combustion de charbon. Les autres facteurs d’émissions sont la consommation de pétrole (34%) et de gaz (19%), la production de ciment (6%) et le « torchage » de gaz (près de 1%).
Entre 2011 et 2016, les émissions mondiales de CO2 liées au charbon ont baissé en moyenne de 0,6% par an tandis que celles liées au pétrole augmentaient de 1,6% par an. Pour rappel, ces deux énergies comptaient encore pour 61,4% de la consommation mondiale d’énergie en 2016(2).
La cible de « 2°C »(3), voire de « 1,5°C » semble hors de portée à l’heure actuelle : « il faudrait que les émissions atteignent leur pic ces prochaines années puis diminuent rapidement » et de manière drastique, souligne Corinne Le Quéré, co-auteur du rapport du Global Carbon Project et professeur à l’université britannique d’East Anglia qui fait part d’ « une grande déception » face aux nouvelles données présentées.
A Bonn, la COP23 entrera mercredi et jeudi dans une phase plus « politique » avec entre autres l’intervention d’Angela Merkel et d’Emmanuel Macron. Il sera à nouveau question de l’inadéquation entre les objectifs de l’Accord de Paris et les engagements réels des États signataires.
Consommation mondiale d'énergie
En 2016, la consommation mondiale d’énergie primaire reposait encore à plus de 85% sur les énergies fossiles. (©Connaissance des Énergies d’après BP Statistical Review of World Energy)



SOURCE :  CONNAISSANCE DES ENERGIES

jeudi 2 novembre 2017

Nous Mourides, ressaisissons nous!(PAR KHADIM GUISSE)




Je pense que le Mouridisme, à l’heure actuelle, a besoin d’une introspection, une prise de conscience totale pour ne pas s’écarter de la voie originelle tracée par Cheikh Ahmadou Bamba le fondateur. Parce-que à mon avis, nous sommes en train de dévier, je dis-nous car je suis mouride. Nous sommes en train de perdre la notion de talibé, c’est-à-dire, disciple soumis respectueux de l’éducation de Mame Cheikh Ibrahima Fall. Toutes ces valeurs qui font le charme du Mouridisme, à savoir le respect du ndigueul, le fait de s’asseoir par terre devant son marabout, les claquements de doigts au lieu des applaudissements, le “soudiaude” (mettre ton front sur la main de ton prochain) sont en train d’être perdus petit à petit. Plusieurs facteurs sont à la cause de cela.
L’une des causes principales à l’heure actuelle, et qui m’a poussé à écrire ce texte pour la dénoncer, c’est cette tendance qui consiste à organiser ces floraisons de journées culturelles de tel ou tel autre marabout, de telle ou telle autre famille de marabout, conférence par ci par là etc… Ce qui me dérange le plus dans ces manifestations religieuses, ce n’est pas le fait qu’elles sont nombreuses ou qu’elles soient organisées, car viendront que ceux qui veulent venir, mais c’est le fait de les tenir dans les hôtels, au CICES, au grand théâtre ou autres lieux de loisir qui sont aux antipodes de la tradition mouride. Le plus souvent, l’organisation de ces manifestations religieuses dans ces lieux, quel que soit le rang de l’autorité religieuse mouride ou autre présente, les gens s’asseyent au même niveau que lui et appellent à applaudir quand une autorité politique fait son entré. Cela ne relève pas du respect des principes disciplinaires du mouridisme dont Mame Cheikh Ibra Fall est le pionnier et le précurseur.
En outre, Aussi paradoxal que cela soit, comment peut-on interdire la vente d’alcool, de tabac, de drogue, de prostitution dans une ville aussi sainte que TOUBA et aller organiser des « thiants », des journées culturelles, des chants religieux sur l’œuvre du fondateur de cette ville dans des lieux où toutes les débauches sont permises. Cela est très grave et doit être corriger à mon avis par l’autorité suprême de la confrérie à savoir le khalife et recadrer les talibés surtout certains petits fils de Serigne Touba qui sont à l’origine de toutes ces manifestations qui ne sont qu’un moyen de chercher de l’argent. Car la plupart temps, l’essentiel des discours dans ces manifestations, est consacré aux salutations et aux remerciements des autorités politiques et des gens dont la contribution financière est importante. Le Khalife devrait systématiquement et catégoriquement interdire l’organisation de ces manifestations dans ces lieux de loisir (hôtel, restaurants, CICES, Grand Théâtre etc..).
A défaut de les organiser à Touba, de les organiser dans les lieux dits Keur Serigne Touba qui existent dans toutes les régions du Sénégal et l’argent qui servait à la location de ces hôtels réinvestit dans les « Keurs » Serigne Touba si vraiment on oeuvre pour Serigne Touba. Même la clôture des caravanes du grand Magal de Touba que dirige Serigne Bassirou Abdou Khadre Mbacké que je respecte beaucoup ne devrait plus être tenue au Méridien Président mais à Touba ou Massalikoul Djinane ou dans n’importe quel Keur Serigne Touba du pays.
En plus, la tenue de ces manifestations dans ces lieux de loisir comme l’hôtel méridien par exemple, exclu de facto certaines personnes qu’elles soient mourides ou non d’assister à l’événement du fait de l’accès un peu sélectif et un peu difficile de cet endroit, alors que dans le Mouridisme il n’y a pas d’exclusion.  C’est le moment pour nous, de réfléchir sur la construction de centre de conférence digne de ce nom dont l’architecture intègre parfaitement la réalité mouride à TOUBA à Dakar et partout où c’est possible dans le pays.
Si on veut vulgariser les enseignements de Serigne Touba, et les valeurs qui fondent le Mouridisme, c’est à Touba qu’on doit les faire ou dans les Keurs Serigne Touba et nulle part ailleurs. Même les chants religieux sont théâtralisés maintenant au grand théâtre et à Sorano avec un folklore indescriptible. C’est pourquoi, vous ne verrez plus des mourides tomber en transe et les baye fall qui se mettaient à frapper le dos avec un grand pilon épaissi. C’est parce que cette ferveur, ce fanatisme, qui sous-tendent la foi du mouride est en train de s’effriter de plus en plus à cause d’une part de cette « modernité » qu’on veut introduire dans le Mouridisme.
Entendons-nous bien, je ne dis pas que l’on ne doit pas s’ouvrir aux autres pour prendre ce qu’il y a de meilleurs chez eux ce qui va avec notre foi, mais gardons notre tradition, ce qui nous différencie des autres, qui renforce notre cohésion la solidité de notre Tarikha et qui augmente notre foi en DIEU le TOUT PUISSANT, son Prophète Mouhamad (PSL) et à Serigne Touba notre vénéré guide.

Bon Magal de Touba à tout le monde, et que DIEU exauce nos prières.
DIEUREUDIEUF SERIGNE TOUBA

Post-Scriptum : Cet article est un ancien article que j’avais publié sur Xalimas.sn en 2016 que j’ai repris ici avec quelques modifications.


KHADIM GUISSE/ ROND POINT HLM RUFISQUE

lundi 30 octobre 2017

Mix énergétique de l’Afrique de l’Ouest

Afrique de l'Ouest
La plupart des pays d'Afrique de l'Ouest sont devenus indépendants lors du mouvement de décolonisation entre la fin des années 1950 et le milieu des années 1970. (©photo)

À RETENIR
  • La biomasse et les déchets constituent la principale source d'approvisionnement énergétique pour 70% à 90% de la population d’Afrique de l’Ouest selon les pays.
  • La population de l'Afrique de l'Ouest augmente de près de 10 millions de personnes par an et les besoins en énergie augmentent à un rythme rapide.
  • Il existe de fortes disparités entre le Nigéria, premier producteur de pétrole africain, et les autres pays d'Afrique de l'Ouest.
  • L'Afrique de l'Ouest est confrontée à un problème de précarité énergétique et d'accès à l'énergie : plus de 250 millions de personnes n'ont pas accès à l'électricité.
Sommaire
  • Définition
  • Composition du mix
  • Quelques pays en chiffres
  • Acteurs majeurs
  • Enjeux
  • Futur

Définition

L’Afrique de l’Ouest est constituée d’un ensemble de 15 pays indépendants : le Bénin, le Burkina Faso, le Cap-Vert, la Côte d'Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Liberia, le Mali, le Niger, le Nigéria, le Sénégal, la Sierra Leone et le Togo(1). Ses 340 millions d’habitants en 2014, dont plus de la moitié vivent au Nigéria, constituent plus d’un tiers de la population totale africaine.
En matière de superficie, les pays d’Afrique de l’Ouest s’étendent sur près de 20% du continent. La croissance démographique y est très forte (près de 10 millions de personnes supplémentaires par an) et les besoins en énergie augmentent à un rythme rapide. L’Afrique de l’Ouest dispose d’importantes ressources énergétiques, notamment de pétrole, et d'un bon potentiel dans le domaine des énergies hydraulique et solaire. Dans ces zones aux fortes disparités, l’accès à l’énergie reste toutefois l’un des défis majeurs à l’heure actuelle.
Pays d'Afrique de l'Ouest
La CEDEAO (Communauté Économique des Etats d'Afrique de l'Ouest) regroupe les 15 pays d’Afrique de l’Ouest. La Mauritanie, située au nord du Sénégal, en a fait partie jusqu’en 2000. (©Connaissance des Énergies)

Composition du mix énergétique

Énergie
La biomasse (bois, résidus agricole, charbon de bois, fumier, etc.) et les déchets constituent la principale source d'approvisionnement énergétique pour 70% à 90% de la population d’Afrique de l’Ouest selon les pays concernés. Il y a de fait une fracture importante entre les populations rurales et citadines, ces dernières ayant accès à des réseaux électriques.
Il existe par ailleurs de fortes disparités entre les pays d’Afrique de l’Ouest : le Nigériaest le 1er producteur de pétrole africain (12e au monde avec 2,7% de la production mondiale en 2013) tandis que d’autres pays ont une production énergétique très limitée dépendant presque exclusivement de la biomasse comme le Togo.

Pétrole
Avec 37,1 milliards de barils de réserves prouvées de pétrole à fin 2013, le Nigéria possède les 11e réserves au monde(2).
L’Afrique de l’Ouest compte au total 4 pays producteurs de pétrole :
  • Le Nigéria qui a produit près de 2,3 millions de barils par jour en 2013 ;
  • Le Ghana avec une production de 99 000 barils par jour ;
  • La Côte d’Ivoire avec une production de 38 600 barils par jour ;
  • Le Niger avec une production de 20 000 barils par jour.
Le Bénin devrait s’ajouter à cette liste des producteurs d’Afrique de l’Ouest en 2015 grâce à l’exploitation du champ de Sémè(3).
Le Nigéria est le 1er producteur de pétrole d'Afrique et dispose des plus importantes réserves de gaz naturel du continent.
Le Nigéria compte 4 raffineries ayant une capacité totale de raffinage de 45,3 millions de tonnes par an(4). La Côte d’Ivoire, le Ghana, le Niger et le Sénégal possèdent également une raffinerie chacun, ayant une capacité allant de 1 à 3,8 millions de tonnes par an.

Gaz naturel

Le Nigéria dispose également des plus importantes réserves de gaz naturel en Afrique (2,7% des réserves prouvées dans le monde à fin 2013) devant l’Algérie. Le Nigéria a produit près de 36,1 milliards de m3 en 2013, soit près de 1,1% de la production gazière mondiale.
Au large du Ghana, le champ pétrolier de Jubilee, découvert en 2007, a commencé à être exploité en 2014. La Côte d'Ivoire possède également plusieurs champs gaziers offshore (notamment Gazelle) qui alimentent un marché essentiellement national. Le Sénégal produit aussi du gaz naturel mais dans de très petits volumes.
Depuis sa mise en service en 2011, le gazoduc de l'Afrique de l'Ouest (WAPCO), long de 678 km, est censé alimenter en gaz le Bénin, le Togo et le Ghana depuis le Nigéria. En pratique, l'approvisionnement est très irrégulier car le Nigeria doit faire face à une demande croissante en énergie au niveau national et n'exporte pas les quantités prévues. De plus, de nombreux actes de sabotage perturbent la continuité de l’approvisionnement.
Notons par ailleurs qu'un important gisement offshore a été découvert en janvier 2016 à la frontière du Sénégal et de la Mauritanie, au large de Saint-Louis. Ses réserves en sont estimées à 450 milliards de m3, ce qui en ferait le plus grand gisement d'Afrique de l'Ouest.

Hydraulique

L’Afrique de l’Ouest a un potentiel estimé à 25 000 MW dont le quart serait localisé en Guinée-Bissau. D’après une évaluation en 2007, seulement 16% de ce potentiel était exploité mais une vingtaine de grands projets sont actuellement à différents stades d’avancement dans la région. L’Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS) a notamment été mise en place par le Mali, le Sénégal et la Mauritanie (hors Afrique de l’Ouest) pour développer la production hydroélectrique le long de ce fleuve. De nombreux projets sont par ailleurs à l’arrêt en raison d’un manque de financements.
L’Afrique de l’Ouest a un potentiel estimé à 25 000 MW dont le quart serait localisé en Guinée-Bissau.

Éolien

Un potentiel important existe sur les côtes sénégalaises et au Cap Vert. Sur les îles de Boa Vista, Sao Vicente, Sal et Santiago du Cap Vert, 35 éoliennes ont été installées au sein de 5 parcs. Elles fournissent près de 20% des besoins électriques du pays en 2014. Le potentiel éolien des autres pays de la région est nettement plus limité. Une concession pour le développement d’un parc éolien d’une puissance de 25 MW a été signée au Togo en 2012 mais n’a pour le moment pas été concrétisée sur le terrain.

Solaire

L’Afrique de l’Ouest dispose d’un important ensoleillement, évalué entre 5 et 7 kWh/m2/jour (soit près de 2 fois plus qu’en France) au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Sénégal ainsi qu’au Nord du Bénin et du Togo dans une moindre mesure. A l'heure actuelle, aucun projet d'envergure n'a pourtant vu le jour. L’abaissement des coûts et les progrès technologiques permettent cependant à de nombreux projets locaux de petite taille « hors-réseau » de se développer.
Ensoleillement Afrique de l'Ouest
Ensoleillement de l'Afrique de l'Ouest (©Connaissance des Énergies d'après l'Ecowas Observatory for renewable energy and energy efficiency)

Zoom sur l’électricité

Les pays d’Afrique de l’Ouest disposent tous de réseaux de distribution d'électricité mais ceux-ci sont limités en matière de puissance raccordée et il existe peu d’interconnexions entre eux. En 2012, la capacité installée reliée aux réseaux électriques d’Afrique de l’Ouest atteignait seulement 20 GW (128,9 GW en France à fin 2014).
Plus de la moitié des capacités électriques en Afrique de l’Ouest provient de centrales à gaz, essentiellement situées au Nigéria. Les centrales au fioul comptent pour près de 30% de ces capacités et sont réparties de façon plus homogène en Afrique de l’Ouest. Enfin, près de 20% de ces capacités provient des barrages hydroélectriques.
La production électrique à partir des centrales à gaz devrait continuer à croître dans le futur en Afrique de l’Ouest tandis que les énergies renouvelables devraient progressivement augmenter leur contribution au mix électrique de la région. Notons que le mix électrique de l’Afrique de l’Ouest diffère de ceux des autres régions du continent : l’Afrique centrale exploite davantage ses ressources hydroélectriques tandis que la partie sud de l’Afrique mise essentiellement sur le charbon pour produire son électricité.
Production d'électricité par zone d'Afrique
Évolution de la production d’électricité selon les différentes zones d’Afrique (©Connaissance des Énergies d'après l'Africa Energy Outlook de l'AIE)

Un MWh du réseau électrique ouest-africain coûte environ 140 dollars à produire(5). Selon l’IRENA (International Renewable Energy Agency), le coût associé à la production d’1 MWh par un générateur diesel peut parfois même monter jusqu’à 400 dollars(6).

Quelques pays en chiffres

Énergie au Sénégal, Nigéria et Côte d'Ivoire
L'énergie au Nigéria, en Côte d'Ivoire et au Sénégal (©Connaissance des Énergies d'après données de l'AIE)

Acteurs majeurs

Créée en 1975, la Communauté Économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO)(7) regroupe les 15 pays d'Afrique de l'Ouest. Elle vise à encourager la coopération économique au niveau régional et aborde également les problématiques de stabilité régionale (lutte contre le terrorisme, prévention des épidémies, etc.) depuis 1990. Des institutions ont été créées par la CEDEAO afin de gérer des thématiques énergétiques, en particulier les questions d'accès à l'énergie dans la région :
  • Le Centre Régional pour les Énergies Renouvelables et l’Efficacité Energétique (CEREEC) dont le siège est situé au Cap Vert ;
  • Le Système d'Echanges d'Energie Électrique Ouest Africain (EEEOA) dont le siège est situé au Bénin ;
  • L’Autorité de Régulation Régionale du secteur de l'Électricité (ARREC) dont le siège est situé au Ghana.
Ces différentes institutions facilitent les collaborations entre les opérateurs des différents réseaux et permettent l'émergence de schémas directeurs dans le domaine de l'énergie à un niveau régional.

Enjeux

L'Afrique de l'Ouest est confrontée à un problème de précarité énergétique et d'accès à l'énergie : plus de 250 millions de personnes comptent sur la biomasse pour cuire leurs aliments et préparer à manger car elles n'ont pas accès à l'électricité. De grands programmes d'électrification rurale ont été lancés dans plusieurs pays et coordonnés par des agences nationales telles que l'ASER (Agence Sénégalaise de l’Electrification Rurale) ou l'AMADER au Mali.
L'utilisation massive du bois comme combustible principal pèse par ailleurs sur la durabilité des ressources. La GACC (Global Alliance for Clean Cookstoves), soutenue par la Fondation des Nations Unies, souhaite développer près de 100 millions de « foyers améliorés » d’ici à 2020. Ces foyers permettent de réduire jusqu’à 2/3 de la consommation de combustible par rapport aux méthodes traditionnelles. Des programmes pour structurer la mise en place de filières biogaz ont par ailleurs été lancés, en particulier au Burkina Faso et au Mali où la sédentarisation des élevages bovins permet d’envisager un développement à grande échelle.
12 des 15 pays d’Afrique de l’Ouest sont aujourd’hui listés par l’ONU comme Pays les Moins Avancés.
Les besoins en énergie sont en forte croissance et nécessitent des solutions innovantes qui sont encore freinées par le manque de financements : 12 des 15 pays d’Afrique de l’Ouest sont aujourd’hui listés par l’ONU comme Pays les Moins Avancés (seuls la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Nigéria n’en font pas partie) et ont un Indice de Développement Humain parmi les plus bas du globe. Les financements nécessaires au développement de l’accès à l’énergie dans ces pays sont donc la plupart du temps apportés par des bailleurs de fonds étrangers. 

Futur

D’après les projections de l’IRENA (International Renewable Energy Agency) sur le futur mix énergétique de l’Afrique, la part des énergies renouvelables pourrait augmenter de 50% d’ici à 2030 et de 73% d’ici à 2050 à l’échelle du continent. En Afrique de l’Ouest, le scénario de l’IRENA envisage une montée en puissance des grands barrages hydroélectriques (37% de la production d’électricité à l’horizon 2030) et de l’éolien (17%).
La composition des mix électriques varierait encore fortement d’un pays à un autre en Afrique de l’Ouest, avec des pays dépendants très fortement de l’hydroélectricité comme le Liberia et la Guinée (pays exportateur net d’électricité en 2030) et d’autres ayant un mix plus diversifié comme le Burkina Faso, le Bénin et le Togo (petite hydraulique, éolien, biomasse, nucléaire). 

Concrètement

D’après les données de l’AIE de 2014(8), la consommation d’électricité moyenne d’un habitant d’Afrique de l’Ouest est de moins de 200 kWh par an. A titre de comparaison, un Français consomme plus de 7 000 kWh par an en moyenne et un Américain plus de 13 000 kWh par an.

Le saviez-vous ?


D'après l’AIE, les vols de pétrole brut au Nigeria s’élèveraient à près de 150 000 barils par jour, ce qui représenterait un coût d’environ 5 milliards de dollars par an. Cette somme suffirait à financer l'accès à l'électricité pour toute la population du Nigeria d'ici à 2030.

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