mercredi 18 septembre 2019

Alimentation du futur : on mangera quoi demain ?


Résumé : D’ici 2050, la Terre devra nourrir 10 milliards d’individus. Et c’est un vrai problème pour l’écologie ! En plus des ressources naturelles qui s’épuisent, l’industrie agroalimentaire est aujourd’hui responsable de 30% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Pour ralentir cette pollution et économiser nos ressources, un changement de nos modes de consommation est inévitable. Alors, qu’est-ce qu’on mange demain, et comment faire pour manger tout aussi bien en polluant moins ?

L’industrie alimentaire, notre meilleure pollueuse !

Aujourd’hui, l’impact environnemental de notre consommation est énorme. Pour nourrir quotidiennement 7 milliards de personnes, l’activité agroalimentaire produit 30% des émissions de gaz à effet de serre mondiales. Elle utilise également 70% de l’eau potable consommée sur la planète tous les ans, soit 1 800 milliards de mètres cubes d’eau !
Un rapport du GIEC rendu public le jeudi 8 août 2019 souligne l’importance de changer nos régimes alimentaires si nous voulons agir contre le réchauffement climatique. Notamment, la consommation de viande est très polluante, puisqu’elle comptabilise à elle seule 7 milliards de tonnes de CO2, et représente 78% des émissions de gaz à effet de serre du milieu agricole. On estime d’ailleurs que la production d’un kilogramme de viande bovine correspond à l’émission de 27 kilogrammes de gaz à effet de serre. La production de viande est également très consommatrice d’eau et de céréales… Qui induisent eux-mêmes des émissions de gaz à effet de serre pour être produits et acheminés !
« La croissance de la population mondiale et la consommation par habitant de denrées, d’aliments pour animaux, de fibres, de bois et d’énergie ont entraîné des taux sans précédent d’usage des terres et d’eau douce ». – Rapport du GIEC du 8 août 2019
L’impact environnemental de notre alimentation est donc énorme, et ne cesse de s’alourdir, puisque la production et la consommation d’aliments augmentent de concert avec l’augmentation de la population ! 10 milliards de personnes sont attendus sur terre d’ici 2050, ce qui rend urgent la production de nouveaux aliments moins polluants, mais aussi de changer la manière que nous avons de consommer la nourriture.

Que dois-je changer dans mon alimentation ?

Comment faire pour réduire l’impact environnemental de nos habitudes alimentaires ? Une chose est sûre, réduire sa consommation de viande, voire même l’éliminer, est une première solution. Dans son rapport, le GIEC conseille d’ailleurs l’adoption d’un régime alimentaire « flexitarien », qui consiste à consommer plus de protéines végétales que de protéines animales. Dans l’idéal, il faudrait que chacun puisse diminuer d’environ 70% sa consommation de viande, et de 50% sa consommation d’œuf et de lait !
alimentation végétarien
Aujourd’hui, de plus en plus de personnes pratiquent d’ailleurs le veganisme et ne mangent plus ni viande ni poisson, que ce soit pour des raisons éthiques ou écologiques. En France, le marché vegan et végétarien aurait augmenté de 24% en 2018 !
Le saviez-vous ?
42% des ménages indiens sont végétariens. C’est le pays qui comptabilise le plus de foyers végétariens dans le monde !
Un panier de course végétarien est bien plus écologique qu’un panier de course classique. Aussi, il est beaucoup plus économique, et coûte environ 30% moins cher. Pour faire un rééquilibrage alimentaire, les légumineuses peuvent se substituer à la viande pour aider les consommateurs à adapter leur alimentation, ainsi que le soja, les noix et les graines.
Les chercheurs considèrent d’ailleurs que l’assiette de demain se composera d’uniquement 94 grammes de viande par jour, contre 185 aujourd’hui. Les protéines végétales constitueront les deux tiers de nos apports en protéines, et nous consommeront beaucoup plus de fruits, de légumes et de graines. Enfin, les consommateurs ne voulant se passer ni de viande ni de poisson sont encouragés à favoriser la consommation de poissons et crustacés issus de l’aquaculture.
Si tous les consommateurs adoptaient ces habitudes d’alimentation, les chercheurs estiment que 56% des émissions de gaz à effet de serre pourraient être endiguées d’ici 2050 !

Les aliments du futur

Mais alors, qu’y aura-t-il dans nos assiettes en 2050 ? De nombreux nouveaux aliments vont faire leur apparition dans les années à venir ! L’objectif : une alimentation moins polluante, plus nutritive, et qui ne menace pas nos écosystèmes. Petit top 6 des aliments que vous risquez très certainement de voir apparaître dans votre assiette ces prochaines années !

1. Des insectes

La nourriture star du futur : les insectes ! Dans certains pays comme la Chine, ils sont d’ailleurs déjà beaucoup consommés. Cela fait donc longtemps que les insectes sont prédits comme étant la nourriture de demain. Et pour cause : en plus d’être très nutritifs, les ressources d’insectes sont inépuisables.
Le saviez-vous ?
Les insectes ont un taux de protéine supérieur aux végétaux, viandes, œufs et volailles. Ce taux peut atteindre 75% sur un extrait sec !
Les sauterelles, araignées et autres criquets semblent donc être la solution la plus évidente pour pallier au problème de la production de viande, très polluante et qui nécessite trop de surface agricole. Mais aussi pour nourrir les 10 milliards d’êtres humains qui peupleront la terre dans une trentaine d’année !
Manger des insectes en guise de protéines animales permettra donc de participer au maintien de la biodiversité, puisque cela réduira la pollution agricole et la déforestation, tout en limitant la production de nourriture animale intensive. Aussi, on considère que la culture des insectes émet jusqu’à 100 fois moins de gaz à effet de serre que la culture de viande de porc ou de bœuf.
alimentation insectes

2. De la viande et du poisson de synthèse

Trois grandes entreprises, Beyond Meat, Memphis Meats et Impossible Foods, en ont déjà fait leur fer de lance : puisque l’apport de protéines animales semble être la première préoccupation des scientifiques et des populations concernant l’alimentation dans les années à venir, ces entreprises se sont lancées dans la conception de viande de substitution.
L’objectif ? Reproduire un steak. Le goût, l’odeur, la texture… Mais sans la viande. Le pari fait par ces entreprises est de limiter les changements radicaux dans les modes de consommation, et de trouver des alternatives à la consommation de viande animale. Ces steaks garantiraient également, dans l’idéal, de meilleures propriétés nutritionnelles.
Si la consommation de poisson est aujourd’hui conseillée pour se substituer à la consommation de viande, certaines entreprises travaillent également à créer du poisson et des crustacés de synthèse à base de plantes. De nombreuses recherches sont par exemple concentrées sur la reproduction du thon, une espèce aujourd’hui fortement menacée par la pêche industrielle.
Le saviez-vous ?
La startup Amini propose déjà dans plusieurs supermarchés américains une alternative au thon !
La viande et le poisson de synthèse ont un gros potentiel pour changer nos modes de consommation et réduire les émissions de gaz à effet de serre induites par l’industrie agro-alimentaire, sans pour autant changer radicalement nos habitudes. En témoigne les nombreuses subventions d’investisseurs comme Bill Gates ou Tyson Foods, qui misent sur l’avenir de ces entreprises et accompagnent leur développement.

3. Du poisson issu de l’aquaculture

Nous mangeons déjà du poisson issu d’élevages. Mais l’aquaculture est souvent critiquée pour la mauvaise qualité des produits fournis, et surtout pour ne pas respecter la planète. Des centres de recherche s’évertuent donc à trouver des solutions pour développer une aquaculture plus respectueuse de l’environnement !
L’aquaculture permettrait de répondre à la demande croissante de poisson, sans menacer les écosystèmes déjà en place. Mais ce type de production rejette à l’heure actuelle beaucoup de déchets, et consomme aussi des huiles et farines de poissons en grande quantité. Le centre Breton de Pisciculture expérimentale à Sizun travaille par exemple pour remplacer l’usage de produits animaux par des substances végétales pour nourrir les poissons. Le but est de produire des poissons meilleurs, tout en polluant le moins possible.
alimentation 3D

4. De la nourriture en impression 3D

Non, ce n’est pas Star Trek ! Des imprimantes 3D alimentaires sont désormais capables de recréer des plats à partir de pâtes comestibles. Certes, le goût n’est jamais au rendez-vous pour le moment. Mais ces machines peuvent désormais recréer du chocolat, des pâtes ou encore du sucre avec les mêmes qualités nutritionnelles !
Cette technologie pourra très certainement proposer de vrais repas à terme. L’impression de nourriture en 3D n’est d’ailleurs pas nouvelle, puisque la NASA avait commencé en 2006 à financer des recherches dans le but de s’en servir pour nourrir les astronautes en mission dans l’espace. La Chef 3D, conçue en collaboration avec BeeHex, peut imprimer une pizza en 3D, qu’il faut ensuite tout simplement mettre au four !

5. Des aliments non périssables

Une autre solution est de repousser la date de consommation limite de nos aliments ! Le glycérol est un composé chimique utilisé dans de nombreuses compositions pharmaceutiques. L’armée américaine se sert notamment de ce composé pour enrober les aliments et mieux les conserver.
Une pizza conservée dans du glycérol voit par exemple sa date de conservation repoussée jusqu’à 3 ans ! Appliquée à nos aliments,  cette utilisation du glycérol pourra permettre de réduire les déchets alimentaires et de conserver la nourriture plus longtemps.
alimentation OGM

6. Des aliments génétiquement modifiés

N’en déplaise aux puristes et autres amateurs d’une alimentation « naturelle », très à la mode dans les stratégies marketing en 2019, l’alimentation du futur sera génétiquement modifiée. Nous consommons déjà des produits dont l’ADN est modifiée (les OGM). Mais les aliments du futur seront « trafiqués » pour être beaucoup plus nutritifs !
Toujours dans l’optique de consommer moins pour les mêmes valeurs nutritionnelles, ces aliments seront plus riches et plus concentrés en vitamines. Des chercheurs australiens ont d’ailleurs récemment présenté une banane contenant un niveau très élevé de provitamine A, un nutriment qui n’est normalement pas présent dans ce fruit.

lundi 22 juillet 2019

Un gigantesque marché à la portée des entreprises locales : 210 000 mini-réseaux électriques à mettre en place


Un gigantesque marché à la portée des entreprises locales : 210 000 mini-réseaux électriques à mettre en place

    (Ecofin Hebdo) - Les mini-réseaux dont le développement s’est accéléré au cours de la décennie écoulée, peuvent répondre au tiers de la question d’accès universel à l’énergie en électrifiant 490 millions de personnes d’ici à 2030. Démonstration.
Les mini-réseaux électriques sont des installations regroupant des systèmes de production et de distribution électrique qui, fournissent de l’énergie à un groupe restreint d’utilisateurs pouvant aller de quelques centaines à quelques centaines de milliers selon ses capacités. De tels systèmes peuvent être totalement isolés des réseaux électriques nationaux, ou leur être connectés, mais en préservant leur autonomie. Ils représentent la solution idéale pour les populations dont le raccordement au réseau électrique national n’est pas rentable, mais dont la consommation est trop importante pour l’utilisation des installations solaires domestiques. La plupart de ses mini-réseaux fonctionnent au diesel, à l’hydroélectricité ou au solaire hybride.
whatisminigrid

Selon les données de la Banque mondiale, environ 19 000 mini-réseaux électriques sont déjà installés dans 134 pays et territoires, ce qui représente un investissement de l’ordre de 28 milliards $. Ces installations desservent environ 47 millions de personnes. 61% de ces installations ont été implantées en Asie, principalement dans trois pays à savoir : l’Afghanistan (4980), le  Myanmar (3988) et l’Inde (2800). L’Afrique, quant à elle, abrite environ 1500 mini-réseaux électriques.
Actuellement, plus de 7500 mini-réseaux électriques sont en développement. Afin d’alimenter 27 millions de personnes pour un investissement de 12 milliards $. 54% soit 4000 de ces nouveaux systèmes sont prévus pour êtres implantés en Afrique. Le Sénégal et le Nigeria sont les pays en tête de liste avec une prévision de 1217 et 879 mini-réseaux à implanter respectivement.
4000 de ces nouveaux systèmes sont prévus pour êtres implantés en Afrique. Le Sénégal et le Nigeria sont les pays en tête de liste avec une prévision de 1217 et 879 mini-réseaux à implanter respectivement.
Au cours des dernières années, le coût de mise en place des mini-réseaux a diminué de manière drastique tandis que leur qualité s’améliorait significativement. 
mini grids for rural villages
Une solution très efficace pour électrifier les villages éloignés du réseau électrique national.

Les innovations, les économies d’échelle et le boom du marché des véhicules électriques ont permis aux composants des mini-réseaux solaires tels que les batteries, les panneaux et les compteurs intelligents de voir leur coût baisser de 62%, voire 85% dans certains cas. Ce qui explique d’ailleurs le succès récent et continu de cette technologie au cours des dernières années (la proportion de mini-réseaux solaires hybrides installés entre 2018 et 2013 a doublée par rapport à celle de la période 210-2013). Pour illustration, le coût de mise en place du kilowatt est passé de 8000 $ en 2010 à 3900 $ en 2018. Et si la baisse du composant continue, ce qui est plus que probable, ce coût devrait passer en dessous de la barre des 3000 $/KW d’ici à 2030.
Le coût de mise en place du kilowatt est passé de 8000 $ en 2010 à 3900 $ en 2018. Et si la baisse du composant continue, ce qui est plus que probable, ce coût devrait passer en dessous de la barre des 3000 $/KW d’ici à 2030.
Les autres technologies de mise en place des mini-réseaux ont également connu des baisses de coût, même si ces dernières n’ont pas été aussi drastiques que celles du solaire.
L’une des conséquences de cette baisse des coûts d’installation, est que le coût du kilowattheure d’énergie produit à partir des centrales a baissé et baissera d’environ 2/3  d’ici à 2030.
Le coût du kilowattheure d’énergie produit par un mini-réseau est actuellement de 0,55 $ pour un facteur de charge de 20%. Mais avec la troisième génération de mini-réseaux actuellement en développement, et les autres facteurs de coûts, les experts prédisent qu’il passera à 0,41$/kWh en 2020 et à 0,20$/kWh d’ici à 2030.

Une troisième génération de mini-réseaux capable d’électrifier 490 millions de personnes d’ici à 2030
Cette troisième génération de mini-réseaux est généralement constituée d’un système de production solaire hybride comprenant des panneaux solaires, des batteries, des régulateurs de charges, des onduleurs et des générateurs de secours.
Avec la troisième génération de mini-réseaux actuellement en développement, et les autres facteurs de coûts, les experts prédisent qu’il passera à 0,41$/kWh en 2020 et à 0,20$/kWh d’ici à 2030.
Elle fonctionne avec compteurs prépayés, contrôlés à distance, qui permettent aux utilisateurs de consommer leur énergie selon le modèle pay-as-you-go et à leurs promoteurs de les gérer en temps réel. Ces installations offrent, en outre, une disponibilité de 97%, avec moins de deux semaines de maintenance par an, ce qui constitue une amélioration significative par rapport aux modèles précédents. Leurs promoteurs intègrent également des programmes de partenariat destinés à stimuler la vie économique de leurs clients, à travers la fourniture d’équipements électriques économes ou l’octroi de micro-financements.
La combinaison de la baisse des coûts et de l’innovation dans les TIC, rendent les mini-réseaux de troisième génération capables d’électrifier 490 millions de personnes d’ici à 2030, ce qui accélérera l’atteinte de l’accès universel à l’énergie. Cela représentera plus du tiers des 1,2 milliard de personnes qui auront besoin d’un accès à l’électricité à cet horizon.
Les mini-réseaux de troisième génération offrent en outre la possibilité d’utiliser des moyens de cuisson électriques à moindre coût : entre 0,18$ et 0,98$ par personne par jour pour un foyer électrique contre 0,37$ à 0,45$ par personne par jour pour les foyers à charbon.
Les mini-réseaux de troisième génération offrent en outre à leurs consommateurs, la capacité d’utiliser des moyens de cuisson électriques à moindre coût : entre 0,18$ et 0,98$ par personne par jour pour un foyer électrique contre 0,37$ à 0,45$ par personne par jour pour les foyers à charbon. Ces moyens de cuisson présente également d’autres avantages environnementaux et sanitaires.

Un gigantesque marché de 210 000 mini-réseaux à mettre en place
La connexion de 490 millions de personnes aux mini-réseaux d’ici à 2030, nécessitera la mise en place de plus de 210 000 mini-réseaux et un investissement de l’ordre de 220 milliards $. Cela nécessitera un changement rapide et important en termes de constitution de marchés stables et de mobilisation de financements privés et publics. Cependant, ce marché, représente une opportunité de plus de 25 milliards $ de profit pour les développeurs et les fournisseurs de mini-réseaux. Une opportunité que devraient pouvoir saisir les compagnies locales en nouant des partenariats avec des entreprises internationales.
Ce marché, représente une opportunité de plus de 25 milliards $ de profit pour les développeurs et les fournisseurs de mini-réseaux. Une opportunité que devraient pouvoir saisir les compagnies locales en nouant des partenariats avec des entreprises internationales.
Même si elle est principalement menée par des acteurs du secteur privé, cette extension des mini-réseaux nécessitera l’appui des institutions publiques. D’une part avec la mise en place d’un environnement propice, mais également à travers l’octroi de financements publics. Ces derniers serviront à supporter les coûts supplémentaires induits par le raccordement des zones les plus éloignées, permettant ainsi aux développeurs, de proposer aux populations, de l’électricité à un coût abordable.
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Une marché de l’ordre de 220 milliards $ sur les 10 prochaines années.

En matière de financement, certaines institutions sont déjà engagées en faveur des cette technologie. Les partenaires au développement tels que l’Agence française de développement (AFD), la Banque africaine de développement, la Banque islamique de développement, la Banque allemande de développement ou encore la Banque mondiale y ont déjà injecté 1,3 milliard $. La Banque mondiale, par exemple, a pris des engagements de l’ordre de 660 millions $ pour le développement de tels systèmes dans 33 pays d’ici à 2025. Les investissements directs du secteur privés dans les mini-réseaux dans les pays à faible revenu se sont élevés à 259 millions $ depuis 2013. Autant d’engagements qui, même s’ils doivent être démultipliés, permettent de croire à la viabilité de l’option constituée par les mini-réseaux dans la course vers l’accès universel à l’électricité.
Gwladys Johnson

dimanche 2 juin 2019

Les centrales photovoltaïques au sol, est ce une bonne option pour le Sénégal ? (Par Khadim GUISSE)







D’abord, faisons un bref rappel sur le principe de fonctionnement de ces sources d’énergie photovoltaïque.
Les centrales solaires photovoltaïques fonctionnent selon le principe de l’effet photovoltaïque découvert par Antoine becquerel en 1839. C’est la transformation de la lumière solaire en électricité par l’intermédiaire d’un capteur en silicium qu’on appelle panneau photovoltaïque. Il faudra aussi noter que le silicium est un semi-conducteur et pour augmenter sa conductivité on le dope négativement avec du phosphore qui a 5 électrons dans sa dernière couche et positivement avec du bore qui a 3 électrons dans sa dernière couche. On crée une jonction PN reliée à deux fils conducteurs pour créer un champ électrique. Lorsque la lumière du soleil frappe le silicium dopé, elle transmette l’énergie des photons aux électrons qui vont circuler à travers les fils conducteurs fermés sur un récepteur et créer un courant électrique continu. Dans le cas d’un champ photovoltaïque on dispose de plusieurs panneaux photovoltaïques connectés en série ou en parallèle ou en série-parallèle selon la tension recherchée. Le courant continu produit par le champ est transformé par un onduleur en courant alternatif puis élevé par un transformateur et ensuite injecté dans le réseau de transport de 90KV(kilovolt) ou 225KV. Ces champs photovoltaïques fonctionnent en intermittence lié aux conditions d’ensoleillement ce qui signifie qu’ils ne produisent qu’une partie de la journée.







L’utilisation de ces centrales photovoltaïques, à mon avis n’est pas une bonne option pour l’autosuffisance énergétique, pour une politique ambitieuse de développement du Sénégal qui en a déjà installé 3 depuis 2012. Il y a Senergy à Santhiou-Mékhé dans la région de Thiès d’une puissance de 30MW (Mégawatts) sur 64 hectares, la centrale de Bokhol dans le nord-ouest du pays à Bokhol dans la région de St-louis 20MW sur 50 hectares, la centrale de Malicounda Mbour 22 MW sur 100 hectares, (voir ce lien http://www.leral.net/Senegal-le-mix-energetique-se-met-a-l-heure-solaire_a212863.html) au moment où des réserves importantes de gaz de classe mondiale sont découvertes dans le pays ; et cela pour les raisons suivantes.
·         Ces centrales fonctionnent en intermittence ce qui signifie une production discontinue liée à la présence du soleil.
·         Elles occupent de très grandes surfaces pour une production faible ; exemple 22 MW(mégawatts) sur 100 hectares qui est égale à 1 km2 l’équivalent de 140 terrains de football dans des zones où l’agriculture et l’élevage constituent les principales activités de revenu. A cela s’ajoute le défrichage total du site causant un impact environnemental négatif.  Je pense que dans un pays sous développé avec une croissance démographique très importante, où le secteur agricole tire la croissance économique et 75% de la population vivent de cette activité, on ne peut pas se permettre de réduire les surfaces agricoles. Au contraire on devrait préserver l’agriculture dans ses composantes sociales productives et paysagères, et d’engager une politique de transformation des modes de production vers une agriculture durable respectueuse de la terre et des territoires, et faire face aux nouveaux enjeux économiques posés par la mondialisation de l’agriculture.
·         Ces centrales photovoltaïques ont une durée de vie limitée 20 à 30 ans ; et après qu’en sera-t-il du démantèlement ? quand on sait que ce sont des projets Partenariat Public Privé dont l’investissement et l’exploitation sont assurés par des privés et la production vendue à la SENELEC (Société Nationale d’Electricité). Est-ce qu’après le départ des exploitants le terrain ne deviendra pas un cimetière photovoltaïque avec ses conséquences néfastes sur la population locale et sur l’environnement ? En plus elles ne génèrent pas beaucoup d’emploi. Après sa phase de construction, 5 à 10 personnes suffisent pour assurer l’exploitation et la maintenance.
Et au moment où l’Etat se lance dans la mise en place des champs photovoltaïques tous azimuts, la France tête de pont de la cop 21 et de l’accord de Paris, renforce son parc nucléaire et expérimente des réacteurs de 4eme génération et n’entend point s’en débarrasser au profit des énergies renouvelables.
L’Allemagne dont les investissements dans les énergies renouvelables ont fortement diminué en 2016 au profit du charbon qu’elle achète moins chère aux Etats Unis. (Voir le lien ci-dessous)


Les Etats Unis dont Trump vient de déchirer les accords de Paris de la cop 21, développent le gaz de schiste et relance la politique de développement des énergies fossiles.
La chine et l’inde considérés comme des Etats émergents, dont leurs mix énergétiques sont essentiellement dominés par le charbon.
Je pense que le Sénégal avec son ambition de devenir un Etat émergent d’ici 2035, doit saisir la chance d’avoir découvert du gaz de classe mondiale, pour mettre en place une politique de construction de centrales électriques à gaz afin de régler définitivement son autosuffisance énergétique dans la perspective d’un développement économique industriel durable. D’autant plus que le gaz est considéré actuellement comme un levier indispensable dans la transition énergétique en Europe. Car Le gaz naturel est la moins polluante des énergies fossiles. Sa combustion dégage essentiellement de la vapeur d’eau et du CO2. Ni fumée, ni particules ! En moyenne, le gaz naturel émet 25 % de gaz carbonique de moins que le fioul et 50 % de moins que le charbon. Ce qui fait que L’utilisation du gaz naturel dans la production d’électricité permet de réduire les émissions de CO2, notamment comparé aux émissions dues à l’utilisation des centrales à charbon.  Lire l’Interview d’Isabelle Kocher de ENGIE sur la position du gaz dans la révolution énergétique actuelle.



L’émergence est corrélée par les besoins importants d’investissements en infrastructures énergivores ce qui va accroitre notre intensité énergétique c’est-à-dire le rapport entre la consommation énergétique et le produit intérieur brut. Nous venons de mettre sur pied un aéroport de dimension internationale, de très grands projets sont en court comme la nouvelle ville de Diamniadio, le train express, d’autres aéroports, ports et autoroutes verront le jour dans un avenir proche, à cela s’ajoute une démographie croissante et l’augmentation du taux d’équipement des familles,  seules des sources d’énergie continue comme le gaz  nous permettra de suivre le rythme des investissements et maintenir notre intensité énergétique croissante dans la perspective d’une émergence tout en répondant aux défis de la diminution de l’émission des gaz à effet de serre. Vous pouvez lire à travers ce lien les conseils de Sir Paul Collier Professeur d’Economie et de politiques publiques à la faculté de Blavatnik et professeur Emérite au Collège de Saint Antony à l’université d’Oxford à l’Etat du Sénégal sur l’exploitation du gaz.


Le Sénégal devrait adapter sa politique énergétique actuellement à la découverte des richesses gazières et pétrolières pour une consommation locale en priorité, en produisant de l’électricité et du gaz butane en qualité et en quantité suffisante. Cela permettrait une baisse importante du prix du KWh et du gaz butane aux consommateurs, et impactera positivement sur le coût de la vie ce qui permettra à tous les sénégalais d’en profiter au lieu de se mettre dans une dynamique de tout exporter.
Comprenons-nous très bien, je ne cherche pas à travers ce texte de mettre en proéminence les inconvénients de l’énergie d’origine photovoltaïque, bien au contraire, c’est par rapport à son niveau de rentabilité pour une production importante. 
Le photovoltaïque est avantageux pour l’autoproduction avec l’utilisation des surfaces des toitures disponibles des immeubles comme ce qui se fait en Europe pour les bâtiments dits à énergie positives.
Et une politique incitative en faveur des usagers à l’autoconsommation doit être soutenue, ce qui permettrait à l’état de diminuer les investissements et les dépenses liés à l’entretien des réseaux. C’est dans ce sens qu’il faut orienter l’utilisation du solaire photovoltaïque au lieu la mise en place champs au sol qui profiteraient plus aux investisseurs étrangers.   



Khadim GUISSE ROND-POINT HLM RUFISQUE

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